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Logigramme exemple : 6 schémas commentés, symboles et méthode

Publié le

par Patrick Bonnefoy

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Six logigrammes commentés, de la lampe en panne au recrutement multi-acteurs, avec le tableau des symboles, une méthode en sept étapes et les outils pour dessiner le vôtre.

Exemple de logigramme avec ovales de début et de fin, rectangles d'action et losanges de décision reliés par des flèches

Un logigramme est un schéma qui représente les étapes d’un processus avec des formes standard reliées par des flèches : un ovale pour le début et la fin, un rectangle pour chaque action, un losange pour chaque décision (oui ou non). Exemple minimal : Début → Recevoir la demande → Dossier complet ? → si non, réclamer les pièces manquantes puis revenir à la vérification ; si oui, traiter la demande → Fin.

Vous cherchez un logigramme exemple pour saisir la logique avant de dessiner le vôtre ? Le principe tient en trois formes et quelques flèches, mais la qualité d’un schéma se joue sur les détails : des décisions bien posées, un sens de lecture constant, aucune impasse. Ce guide part donc des cas concrets. Vous y trouverez six logigrammes commentés, du dépannage domestique au recrutement réparti entre plusieurs services, puis le tableau des symboles, une méthode de construction en sept étapes, les erreurs à éviter et les outils, gratuits ou non, pour passer à la pratique.

Logigramme : définition, rôle et logique de lecture

Un logigramme, appelé flowchart en anglais et parfois diagramme de flux, est une représentation graphique de l’enchaînement des étapes d’un processus. Chaque forme indique la nature de l’étape, chaque flèche indique l’ordre. On le lit de haut en bas ou de gauche à droite, et l’on évite de mélanger les deux orientations sur un même schéma.

Son intérêt tient à une chose : il oblige à rendre explicite ce qui reste flou dans une procédure écrite. Qui fait quoi, dans quel ordre, et surtout que se passe-t-il quand la réponse est non. Un texte de trois pages peut masquer une impasse ; sur un schéma, une flèche qui ne mène nulle part saute aux yeux.

  • Transmettre une procédure : formation, intégration d’un nouveau collaborateur, procédure opérationnelle standard.
  • Analyser un flux de travail pour repérer les goulets d’étranglement, les doublons ou les validations superflues.
  • Préparer un algorithme avant de coder : on parle alors d’algorigramme ou d’organigramme de programmation.
  • Aider à la décision en posant noir sur blanc les critères et leurs conséquences.
  • Soutenir une démarche qualité ou d’amélioration continue, en comparant le processus réel au processus voulu.

L’outil n’a rien de récent. Frank et Lillian Gilbreth présentent dès 1921 leurs « flow process charts » devant l’ASME, la société américaine des ingénieurs mécaniciens, qui adopte un jeu de symboles en 1947. Dans les années 1940, les pionniers de l’informatique s’en servent déjà pour décrire des programmes, et on le retrouve plus tard dans certaines listes des outils de base de la qualité associées à Kaoru Ishikawa. Cette longue histoire explique pourquoi les formes principales sont comprises presque partout.

Logigramme, organigramme, grafcet, BPMN : ce qui les sépare

Le vocabulaire prête à confusion, d’autant qu’en français « organigramme » désigne à la fois la hiérarchie d’une entreprise et, dans un contexte informatique, un schéma de programmation. Le tableau ci-dessous remet chaque notion à sa place.

Schéma Ce qu’il représente Quand l’utiliser
Logigramme Enchaînement d’étapes et de décisions Décrire un processus ou une procédure
Algorigramme Instructions d’un algorithme Avant de programmer, en cours de technologie
Organigramme hiérarchique Postes et rattachements d’une organisation Présenter une structure, pas un déroulé
Diagramme à couloirs Logigramme réparti par acteur ou service Processus impliquant plusieurs équipes
Grafcet Étapes et transitions d’un système automatisé Automatismes industriels
BPMN Notation détaillée des processus métier Modélisation poussée, outils de workflow
DFD (diagramme de flux de données) Circulation des données entre systèmes Analyse de systèmes d’information

Un repère simple : si votre schéma répond à « dans quel ordre et selon quelles conditions ? », c’est un logigramme. S’il répond à « qui dépend de qui ? », c’est un organigramme. D’autres notations existent côté développement, comme les diagrammes de Nassi-Shneiderman ou DRAKON, mais elles restent peu employées hors de l’informatique.

Six exemples de logigramme, du schéma d’école au processus multi-acteurs

Les cas suivants montrent une difficulté croissante. Chaque séquence se lit dans l’ordre des flèches ; les questions correspondent aux losanges.

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Exemple de logigramme simple : la lampe qui ne s’allume pas

Début → La lampe s’allume-t-elle ? Si oui, Fin. Si non → La lampe est-elle branchée ? Si non, la brancher puis revenir au premier test. Si oui → L’ampoule est-elle grillée ? Si oui, la remplacer puis revenir au premier test. Si non, faire réparer la lampe → Fin.

Ce schéma d’école contient déjà l’essentiel : trois décisions fermées, deux boucles de retour et une sortie de secours quand aucune solution simple ne fonctionne. C’est un bon modèle pour vérifier que chaque losange a bien ses deux flèches étiquetées.

Logigramme exemple de validation d’un document

  1. Début : le rédacteur dépose le document.
  2. Action : le relecteur le vérifie.
  3. Décision : le document est-il conforme ?
  4. Si non : retour au rédacteur avec commentaires, correction, puis retour à l’étape 2.
  5. Si oui : le responsable signe.
  6. Action : archivage et diffusion.
  7. Fin : document publié.

Le point à soigner ici est la relation de retour en arrière en cas de non-conformité. Sans garde-fou, la boucle peut tourner indéfiniment. Beaucoup d’équipes ajoutent un second losange (« Plus de deux allers-retours ? ») qui déclenche une réunion d’arbitrage plutôt qu’un énième renvoi.

Exemple de logigramme de recrutement réparti en couloirs

Dès que plusieurs acteurs interviennent, le diagramme à couloirs devient la forme la plus lisible. On trace trois bandes horizontales : Manager, Ressources humaines, Candidat. Le manager exprime le besoin, les RH rédigent et publient l’offre, le candidat postule. Les RH trient les dossiers (losange « Profil retenu ? »), puis le manager mène l’entretien (losange « Entretien concluant ? »). Une offre part vers le candidat, qui l’accepte ou non. En cas de refus, la flèche remonte vers le tri des candidatures restantes.

L’intérêt des couloirs se voit immédiatement : chaque flèche qui franchit une frontière est un passage de relais, donc un risque d’attente. Quand un processus de recrutement traîne, c’est presque toujours à ces endroits que se cache le délai.

Traitement d’une facture fournisseur

Réception de la facture → Saisie comptable → Correspond-elle à un bon de commande ? Si non, ouverture d’un litige avec le service achats. Si oui → Le montant dépasse-t-il le seuil de délégation ? Si oui, validation par la direction. Si non, validation par le responsable du service → Mise en paiement → Fin.

Deux décisions successives, deux niveaux de validation : cet exemple sert surtout à repérer les goulets d’étranglement. Si toutes les factures au-dessus du seuil attendent la même signature, le schéma le montre sans débat.

Contrôle qualité d’un produit en fin de ligne

Prélever un échantillon → Mesurer les cotes → Le produit est-il conforme ? Si oui, expédition. Si non → Le défaut est-il réparable ? Si oui, reprise puis retour au contrôle. Si non, mise au rebut et enregistrement de la non-conformité → Fin.

On y retrouve la logique de cause à effet entre une décision et la suite du flux. L’enregistrement final n’est pas un détail : c’est lui qui alimente l’analyse des défauts et donc l’optimisation du processus.

Algorigramme : calculer une moyenne de notes

Début → Initialiser somme à 0 et compteur à 0 → Reste-t-il une note à saisir ? Si oui, lire la note, l’ajouter à la somme, augmenter le compteur de 1, puis revenir à la question. Si non → Le compteur vaut-il 0 ? Si oui, afficher « aucune note ». Si non, calculer somme ÷ compteur et afficher la moyenne → Fin.

Ce cas de programmation ajoute le parallélogramme pour les entrées et sorties (lecture d’une note, affichage). Le test du compteur à zéro est souvent oublié par les débutants, alors qu’il évite une division impossible : un algorigramme bien construit prévoit les cas limites avant le code.

Symboles d’un logigramme : formes standard et leur fonction

Forme Nom Fonction Exemple de libellé
Ovale ou rectangle arrondi Terminal Début ou fin du flux « Début », « Commande clôturée »
Rectangle Action Une tâche à réaliser « Saisir la facture »
Losange Décision Question fermée, au moins deux sorties « Montant supérieur au seuil ? »
Parallélogramme Entrée ou sortie Donnée lue ou produite « Lire la note »
Rectangle à doubles bords Sous-processus Renvoie à un logigramme détaillé « Procédure d’expédition »
Rectangle à bas ondulé Document Document produit ou consulté « Bon de livraison »
Cylindre Base de données Stockage d’informations « Fichier clients »
Petit cercle Connecteur sur page Relie deux points éloignés du même schéma « A »
Pentagone en écusson Connecteur hors page Renvoie à une autre page « Suite page 2 »
Flèche Flux Sens d’enchaînement « Oui », « Non » sur les sorties d’un losange
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Pour un premier schéma, les quatre premières lignes suffisent largement. Les autres formes prennent leur sens dans les logigrammes fonctionnels ou documentaires, quand il faut montrer où circulent les pièces et les données. Si vous en utilisez, une petite légende en bas de page évite toute ambiguïté.

Comment créer un logigramme clair en sept étapes

  1. Définir le périmètre. Un déclencheur précis (« réception d’une candidature ») et un résultat précis (« candidat embauché ou dossier clos »). Tout ce qui sort de ce cadre ira dans un autre schéma.
  2. Lister les étapes en vrac. Des post-it ou une simple liste suffisent, en notant pour chaque étape qui la réalise.
  3. Identifier les décisions. Chaque « si », « sauf si » ou « selon » de la procédure devient un losange avec une question fermée.
  4. Ordonner et connecter. Placez les étapes dans l’ordre, tracez les flèches, étiquetez chaque sortie de losange.
  5. Choisir la mise en page. Lecture de haut en bas pour un processus linéaire, de gauche à droite avec des couloirs dès que plusieurs services interviennent.
  6. Simplifier. Un verbe d’action par rectangle, des libellés de quelques mots, et un sous-processus dès qu’un bloc mérite son propre détail.
  7. Tester et réviser. Faites suivre le schéma par une personne qui exécute réellement la tâche. Chaque hésitation de sa part signale une étape manquante ou mal formulée.

Le niveau de détail dépend du lecteur. Un étudiant qui prépare un algorithme a besoin de toutes les instructions ; un manager qui présente un circuit de validation à son comité veut cinq ou six blocs maximum ; un technicien de maintenance cherche surtout les points de décision qui orientent son diagnostic. Le même processus peut donc donner deux logigrammes différents, et c’est normal.

Côté mise en forme, trois ou quatre couleurs ayant chacune un sens suffisent. Pour les actions, un gris clair ou un vert grisé reste lisible même imprimé en noir et blanc : la page Couleur en G recense ces nuances avec leurs codes. Les décisions gagnent à ressortir dans une teinte plus chaude, et la liste Couleur en H propose des tons moins attendus que l’éternel jaune des modèles par défaut.

Erreurs fréquentes qui rendent un logigramme illisible

  • Des sorties de losange sans étiquette. Le lecteur doit deviner quelle flèche correspond au oui.
  • Une décision déguisée en action. « Vérifier le dossier » dans un rectangle, sans losange derrière, laisse sans réponse la question de ce qui arrive si le dossier est incomplet.
  • Des niveaux de détail mélangés. « Gérer la relation client » à côté de « Cliquer sur Envoyer » : l’un mérite un sous-processus, l’autre est trop fin.
  • Des flèches qui se croisent ou un sens de lecture qui change en cours de route.
  • Un chemin « non » oublié, qui crée une impasse dans le processus.
  • Une boucle sans sortie, comme dans l’exemple de validation sans limite d’allers-retours.
  • Trop de formes rares, qui transforment le schéma en exercice de déchiffrage.
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Une règle pratique aide beaucoup : au-delà d’une vingtaine de formes sur une page, découpez. Le schéma principal garde la vue d’ensemble, les sous-logigrammes portent le détail.

Modèles de logigramme et outils pour le dessiner

Nul besoin d’un logiciel coûteux pour commencer. Le bon outil dépend surtout de la taille du processus et du nombre de personnes qui devront le modifier.

Outil Points forts Limites
Papier et post-it Rapide, idéal en atelier collectif À numériser ensuite pour être partagé
Word, PowerPoint, LibreOffice Draw Déjà installés, formes de diagramme de flux intégrées Connecteurs parfois capricieux sur les grands schémas
draw.io (diagrams.net) Gratuit, bibliothèque de symboles complète, couloirs Interface sobre, peu de modèles décoratifs
Canva Plusieurs centaines de modèles prêts à personnaliser, rendu soigné Moins à l’aise avec les processus longs et ramifiés
Lucidchart, Visio Collaboration, grands diagrammes, notation BPMN Formules gratuites limitées ou absentes
Mermaid et outils « texte vers schéma » Logigramme généré à partir de quelques lignes, facile à versionner Demande d’apprendre une courte syntaxe

Un modèle prérempli est un excellent point de départ, à condition de le traiter comme une trame et non comme une vérité. Remplacez chaque libellé par votre propre vocabulaire, supprimez les branches qui ne vous concernent pas et vérifiez que les symboles gardent leur sens standard : certains modèles décoratifs utilisent des cercles ou des hexagones là où un losange serait attendu.

Si vous attribuez une couleur par couloir dans un diagramme multi-acteurs, restez dans un même registre de teintes. Les nuances regroupées dans Couleur en M (mauve, moutarde, magenta) ou dans Couleur en I (indigo, ivoire) permettent de composer une palette cohérente sans tomber dans l’arc-en-ciel.

Un logigramme se construit mieux dans un outil de diagramme ou un logiciel vectoriel que dans un programme de retouche. GIMP garde toutefois sa place en fin de parcours : recadrer l’export, ajouter un fond, préparer une version affiche pour un atelier. Et si un modèle repéré en ligne utilise une typographie qui vous plaît sans que vous en connaissiez le nom, le guide Comment retrouver une police d’écriture à partir d’une image vous évitera de la chercher au hasard.

Quelle différence entre un logigramme et un algorigramme ?

L’algorigramme est un logigramme appliqué à un algorithme informatique. Il reprend les mêmes formes de base, mais décrit des instructions, des variables et des boucles plutôt que des tâches humaines. En cours de technologie, les deux mots sont souvent employés l’un pour l’autre.

Combien de sorties peut avoir un losange de décision ?

Le plus souvent deux, oui et non. On peut en prévoir trois ou davantage quand la question admet plusieurs réponses exclusives, par exemple un type de client, à condition d’étiqueter chaque flèche. Au-delà de quatre sorties, un tableau de décision devient souvent plus lisible.

Peut-on faire un logigramme avec Word ou Excel ?

Oui. Word et Excel proposent les formes de diagramme de flux dans leur menu de formes, avec des connecteurs qui suivent les objets quand on les déplace. Cela convient pour une dizaine d’étapes ; pour un processus long ou réparti en couloirs, un outil de diagramme dédié fait gagner du temps.

Faut-il respecter une norme officielle pour les symboles ?

Pour un usage interne, aucune obligation : l’essentiel est que l’ovale, le rectangle, le losange et les flèches gardent leur sens habituel, et qu’une légende explique les formes moins connues. Dans certains contextes outillés (qualité, informatique, gestion des processus métier), une notation comme BPMN ou la charte de l’entreprise peut s’imposer.

Que faire quand un processus est trop gros pour une seule page ?

Le découper. Le logigramme principal conserve les grandes étapes, et chaque bloc complexe devient un sous-processus détaillé à part. Les connecteurs hors page relient les morceaux sans tirer de flèches interminables d’une feuille à l’autre.

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